ALIMENTATION À L’AUTOMNE SELON LA MÉDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE

 

L’alimentation à l’Automne doit glisser tout naturellement de l’alimentation fraîche ou froide de l’Eté, essentiellement crue, à des plats plus réchauffants, composés d’aliments cuits à la chaleur douce al dente associés à des produits vivants crus.

Nous allons d’abord rappeler les fondements du choix des aliments en MTC puis nous verrons la qualité énergétique de l’alimentation de l’Automne.

 

Fondements de la diététique en médecine chinoise

 

En diététique chinoise, les aliments sont classés selon trois grands critères qui ne sont pas utilisés par la médecine occidentale.

 

1- La fraîcheur de l’aliment

 

Cette notion est proche de ce que nous appelons “aliment vivant” c’est-à-dire un aliment, naturel, non transformé, de saison, local, obtenu en dehors des circuits de la grande distribution. Ces aliments sont riches en énergie, en vitamines, minéraux et acides gras essentiels.

 

2- La nature froide, fraîche, neutre, tiède ou chaude

 

C’est une qualité énergétique de l’aliment qui va favoriser un type de mouvement. Les natures fraîche et froide ont tendance à apaiser les excès et à ralentir alors que les natures tiède et chaude les accélèrent et les renforcent.

 

3- La saveur de l’aliment

 

Elle se décline dans une classification en cinq ou en sept.

 

La classification en cinq attribue à chaque mouvement du cercle des 5 mouvements une saveur qui est en résonnance avec le caractère énergétique de la saison.

 

  • L’acide, placé au mouvement du Bois, est en résonnance avec le Foie, l’Est, le Printemps
  • L’amer, au mouvement du Feu, résonne avec le Cœur, le Sud et l’Eté.
  • Le doux, à la Terre, correspond à la Rate, au Centre-Terre-Mère et aux inter-saisons.
  • Le piquant, au mouvement du Métal, est en résonnance avec le Poumon, l’Ouest et l’Automne.
  • Enfin, la saveur salée, placée au mouvement de l’Eau, résonne avec le Rein, le Nord et l’Hiver.

Nous étudierons les raisons énergétiques de ces assemblages mais retenons ici que cela nous permet de connaître les effets bénéfiques ou au contraire entravants sur les viscères et les structures énergétiques de notre organisme en fonction des saisons.

Retenons que chaque saveur est liée à un organe sur lequel elle agit de façon positive quand elle est prise en quantité modérée et de façon négative quand elle est prise de façon exagérée ou carencée.

Par exemple, augmenter la consommation de crevettes à l’Automne nourrit le Rein et ainsi nous nous préparons un bon Hiver avec des batteries bien rechargées. Par contre, manger trop de fruits de mer en Hiver pourrait amener un excès de saveur salée qui serait alors préjudiciable au Rein.
Introduire des poireaux, de nature piquante, dès leur arrivée sur les marchés, en début d’Automne est très favorable au Poumon, viscère maître de l’Automne, mais trop d’aliments piquants pourrait disperser et extérioriser trop et serait très défavorable au mouvement d’intériorisation de l’Automne.

 

La classification en saveurs se fait aussi en 7

 

Elle comporte en plus des cinq saveurs habituelles l’insipide et l’astringent.

L’insipide est un degré de plus de la saveur douce, fort utilisé dans le chemin de retour à l’Un où l’objectif est de quitter les saveurs poussées. Ces saveurs extrêmes sont l’habitude dans notre alimentation industrielle avec le sucré en tête suivi de prêt par le trop acide, le trop salé et parfois le trop piquant. Ce n’est pas anodin d’avoir au quotidien ce type d’alimentation car elle nous fait, jour après jour, nous éloigner de notre équilibre ou état de santé et déréglant le merveilleux équilibre de nos viscères. L’objectif de rééquilibrage est donc de revenir petit à petit à un meilleur équilibre des saveurs, ce qui nous ramène à la saveur douce centrale, d’un système Rate-Pancréas bien équilibré puis de plonger dans la recherche de la fadeur, équilibre ultime.

D’une manière plus terre à terre, l’insipide (que l’on peut ressentir dans les champignons, les différentes courges, certains légumes verts) a la propriété d’aider à éliminer les liquides en excès.

A l’inverse, l’astringent retient dans le corps ce qui s’échappe en excès, à un degré de plus que l’acide. Nous pouvons ressentir cette saveur, qui rétracte tout en bouche en nous privant immédiatement de salive, dans l’ananas, le kaki, la grenade ou des petits fruits sauvages de l’Automne.

 

L’alimentation à l’Automne en pratique

 

1- Quelques conseils généraux de bon sens

 

Diminuer la consommation de fruits frais et crus de nature trop froide pour la saison.

Ces fruits d’été disparaissent petit à petit de nos marchés locaux au profit de ceux d’Automne comme le raisin, la figue, la chataigne, la pomme et la poire.

On peut, cependant, continuer d’en consommer en milieu de journée s’il faut chaud et soleil.

Par contre, la soirée, qui constitue le « moment automnal de la journée » est souvent fraîche et nous percevons bien là le retrait accéléré des souffles Yang du Ciel alors que dans la journée, nous sentons encore l’Eté présent.

Profiter des derniers fruits d’été, en particulier pêches jaunes et prunes, particulièrement goutteux, qui sont consommés au déjeuner. Il y a comme une concentration de saveurs et d’arômes dans ces derniers fruits, à l’image de l’action de la Terre qui parfait au maximum les effets de la chaleur de l’Eté.

Plus la fraîcheur automnale s’installe, plus les fruits crus devront être consommés avec circonspection, sauf pour les fortes constitutions, qui peuvent continuer pour les apports en vitamines et minéraux. Pour les autres, privilégier la prise de fruits crus à midi et alterner fruits crus et mi-cuits pour le reste du temps.

 

Consommer des fruits d’Automne

Plus la saison avance, plus on les privilégie au détriment des fruits d’Eté

Ils sont aussi à privilégier le matin et à midi.

  • Le raisin, blanc et noir, très énergétiques, de nature neutre ou légèrement tiède. C’est l’époque des vendanges, le raisin à profusion incite à pratiquer des monodiètes à visée détox. Attention cependant à cette cure de raisins proposée par les magazines féminins peu avertis : il faut être de constitution robuste pour vivre cette diète avec profit sinon on assiste plutôt à une perte de vitalité avec frilosité aggravée, fatigabilité accrue et refroidissements.
  • La figue fraîche, de nature neutre, purifie les intestins.
  • La chataîgne, de nature tiède, tonifie les intestins, la Rate et le Rein.
  • La pomme et la poire.

 

Augmenter les fruits secs et fruits oléagineux :

  • des fruits séchés : abricot, raisin blanc ou noir, baies de goji, pruneau, en fin d’automne dattes
  • des fruits oléagineux : noix, noisettes, amandes, noix de cajou, noix de macadamia, noix du Brésil, pistache

Penser à bien les mastiquer.

 

Diminuer les crudités au profit des légumes verts cuits

Les légumes verts cuits sont cuisinés à la chaleur douce pour préserver vitamines et minéraux dans des récipients en métal en cette saison.

On y associe des viandes d’abord hachées puis en morceaux, rouges et blanches, des poissons à chair blanche et ferme, des œufs et des fruits de mer.

 

Augmenter la consommation de légumineuses, céréales, tubercules et cucurbitacées

Légumineuses : pois, pois cassés, lentilles, tous les haricots secs, fèves, pois chiche.

Céréales ou assimilés, en évitant les céréales les plus inflammatoires : riz, millet, quinoa, sarrazin

Tubercules : pomme de terre, patate douce, igname, topinambour, panais, salsifi

Cucurbitacées : potiron, potimarron, patidou, courge spaghetti, courgette gold, patisson, pomme d’or, butternut.

Ne plus boire froid et surtout pas glacé, boire du thé blanc

 

2- L’alimentation à l’automne en fonction des natures et des saveurs

 

Des aliments de saveur acide

Ils vont dans le sens de la saison, c’est-à-dire ramasser, condenser, assécher et intérioriser.

Aubergine, tomate, pourpier

Haricot rouge, haricot azuki

Tous les pickles : oignon, cornichon, bâtonnets de légumes verts, citrons confits

Fromages surtout parsemés sur les plats au four pour gratiner

Lapin, lièvre, faisan, toutes les viandes fortes en particulier gibiers

 

Des aliments de saveur piquante, tonifiant le Poumon

Des légumes : poireau, navet, radis rose, radis noir, céleri en branche, oignon, échalote, ail, céleri rave

Des épices et plantes aromatiques : cannelle, gingembre, poivres, piment

Des plantes aromatiques : basilic, câpres, ciboule, civette, ciboulette, coriandre, laurier sauce, romarin, thym

 

Des aliments qui préparent l’Hiver et vont recharger les batteries du Rein.

Les fruits de mer : crevettes, moules,

Le foie de poulet,

Le poireau, les châtaignes,

Les noix et amandes.

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