S’HARMONISER AUX ÉNERGIES DU PRINTEMPS

 
 L’un des textes fondateurs de la Médecine Traditionnelle Chinoise, le HuangDi NeiJing SuWen nous dit :
 
Il faut veiller à ce que les Esprits soient toujours accordés aux saisons, incessamment rapporter les Esprits aux saisons, ne pas sottement interférer et laisser les Esprits, en nous, observer la saison.
Chaque humain, pour parvenir à la plénitude de ses jours, règlera sa vie, rétablira, s’il le faut, l’harmonie déterminante des Esprits et de la saison en cours.” (traduction Institut Ricci) 

LES ENERGIES DU PRINTEMPS

Su Wen 2 (traduction C Larre) :

Les 3 mois du printemps sont appelés : jaillir et déployer
ciel et terre ensemble produisent la vie,
les dix mille êtres, de là, sont vivifiés “.
Il appartient donc à l’homme d’aller dans le même sens que ce courant inaugural : le Ciel fait jaillir la vie, la Terre la déploie, l’homme l’entretient.

Au printemps, l’énergie yang croît, l’énergie yin décroît. C’est le renouveau.

Le mouvement de la nature est vigoureux, les plantes sortent de la terre, la sève monte dans les arbres, bref, la nature s’éveille.

LE PRINTEMPS CHEZ L’HOMME

Chez l’être humain, un mouvement semblable s’opère. L’organe le plus concerné par ce mouvement est le foie, dont le printemps est précisément sa saison.

Cela se traduit par le besoin retrouvé de sortir ; c’est l’époque idéale pour effectuer les grands nettoyages « de printemps » et se lancer dans de nouveaux projets.
Cette montée en puissance du foie n’est cependant pas sans danger pour notre équilibre et notre santé : sortir mais pas trop compte tenu du froid extérieur encore présent, laisser émerger les nouvelles activités mais sans s’y épuiser, laisser monter l’énergie mais pas jusqu’à la colère …C’est en cette saison que des fatigues contenues en hiver apparaissent, parfois accentuées par le changement d’heure.

Les émotions et la pensée étant étroitement liées au fonctionnement des organes et notamment le plus sensible d’entre eux, le foie, des épisodes de palpitations, d’anxiété, d’irritabilité et  de colère,  de l’insomnie, des bouffées de chaleur en péri-ménopause peuvent apparaître ou ré-apparaître à cette période.

LA JUSTE ATTITUDE AU PRINTEMPS

Le maître-mot pour « vivre cette saison » en s’imprégnant de son « énergie jaillissante et impétueuse » sans se laisser emporter par elle, est celui de tempérance.
 
Il faut modérer cette énergie impétueuse du foie :
 
• pratiquer des exercices de respiration et de relaxation,
• prévoir des promenades (plus que des joggings trop  violents) dans la forêt ou à la campagne.
• prendre le temps d’y observer et de ressentir cette nature qui s’éveille (en s’attardant devant une plante qui surgit de la terre, en admirant la couleur des cerisiers en fleurs, la couleur vert tendre des jeunes pousses qui sortent de terre).
 
Sur le plan émotionnel, cultiver patience et maîtrise pour faire face à la tendance colérique de cette saison.

SUR LE PLAN ALIMENTAIRE

Le printemps est la saison du foie qui aime les drainages, il est donc bon à cette période d’envisager une cure de désintoxication de cet organe grâce à des plantes.

Période des grands nettoyages, c’est la saison idéale pour favoriser une détoxication générale et permettre une régénération du sang. Il faudra veiller à retarder un peu ce drainage en cas de température extérieure très basse.

 
Pour ce faire,  consommer de préférence les jeunes pousses et les légumes nouveaux qui arrivent sur les marchés : chicorée sauvage et cultivée (endive, scarole, frisée), roquette, muesclin, épinard, oseille, pissenlit, artichaut nouveau, radis noir, asperge.

On peut aussi  boire quelques gouttes de citron frais dans un peu d’eau le matin durant quelques semaines.

Faire le nettoyage à l’intérieur comme à l’extérieur.

Éviter dans tous les cas, tout ce qui peut irriter cette montée en puissance de l’énergie : les plats gras en sauce, la charcuterie grasse, le lait, les fromages, le chocolat, l’alcool, le café.