Peut-on vraiment parler de chamanisme celtique ?
Aujourd’hui, le mot chamanisme est utilisé un peu partout.
On parle de chamanisme amérindien, chamanisme mongol, chamanisme celtique, chamanisme africain, chamanisme moderne…
Mais en réalité, le mot chaman n’est pas un mot universel.
C’est un mot sibérien, issu du peuple Evenk (Toungouse), en Sibérie, où le šaman désignait un homme ou une femme capable de voyager dans les mondes invisibles pour soigner, chercher des informations, rétablir l’équilibre entre les humains et les esprits.
Ce sont ensuite les anthropologues qui ont utilisé ce mot pour désigner, par extension, toutes les pratiques du monde qui ressemblaient à cela : transe, voyage dans l’invisible, communication avec les esprits, guérison, rituels, tambours, plantes, chants…
Autrement dit, le mot chamanisme est devenu un mot parapluie.
Mais dans chaque culture, ces personnes ne s’appelaient pas “chaman”.
Comment appelait-on les “chamans” dans les autres cultures ?
Chaque peuple avait son propre nom, sa propre vision du monde, sa propre manière d’entrer en relation avec l’invisible.
- Chez les Amérindiens : l’Homme-Médecine ou la Femme-Médecine
- Au Népal : le Jhankri
- Chez les Samis (Europe du Nord) : le Noaidi
- En Mongolie : le Böö
- En Corée : la Mudang
- Dans certaines traditions africaines : guérisseurs traditionnels, nganga, sangoma
Le mot change, mais la fonction se ressemble souvent : entrer en relation avec le monde invisible pour aider, soigner, comprendre, rétablir l’équilibre entre l’humain, la nature et l’invisible.
Et chez les Celtes, qui jouait ce rôle ?
Le Druide
Le druide était à la fois prêtre, enseignant, philosophe, guérisseur, juge et gardien du savoir. Il connaissait les plantes, les cycles de la nature, les lois, les mythes, les rituels. Il était un intermédiaire entre le monde visible et le monde invisible.
Le File (le poète)
Le File était le poète sacré, le gardien de la mémoire, des récits et des mythes. Mais le poète, chez les Celtes, n’était pas seulement un artiste : il était considéré comme quelqu’un qui pouvait voir, pressentir, transmettre, parfois prophétiser.
L’Ovate (ou Vates)
L’ovate était souvent associé à la connaissance des plantes, à la guérison, à la divination, aux rêves et aux messages de l’Autre Monde. Il travaillait avec l’invisible, les plantes, les visions, les signes.
Mais les Celtes ne séparaient pas les fonctions comme nous le faisons aujourd’hui. Tout cela faisait partie d’une vision globale du monde, où le visible et l’invisible étaient en permanence en relation.
Alors, le chamanisme celtique existe-t-il ?
Historiquement, les Celtes n’ont jamais utilisé le mot chaman. Donc, si l’on veut être rigoureux, le “chamanisme celtique” n’existe pas en tant que terme traditionnel.
Mais si l’on utilise le mot chamanisme dans le sens large — entrer en relation avec l’invisible, voyager en conscience, dialoguer avec les esprits de la nature, les ancêtres, les forces du monde — alors oui, les Celtes avaient des pratiques très proches de ce que l’on appelle aujourd’hui le chamanisme.
La question devient alors moins une question de mot, et plus une question de relation :
- relation à la nature
- relation aux esprits des lieux
- relation aux ancêtres
- relation aux cycles
- relation aux rêves
- relation aux mondes invisibles
Revenir aux traditions des terres sur lesquelles nous vivons
Aujourd’hui, beaucoup de personnes en Europe se sentent appelées par le chamanisme, mais se tournent vers des traditions très lointaines.
Mais on peut aussi se poser une question simple : Et sur les terres où je vis, que faisaient les anciens ?
Chez les Celtes, la spiritualité était profondément liée aux forêts, aux sources, aux pierres, aux collines, aux arbres, aux cycles de la roue de l’année et aux lieux sacrés dans la nature.
L’Autre Monde celtique n’était pas “en haut” ou “en bas”. Il était à côté, derrière le voile, dans la colline, dans le lac, dans le brouillard. Un monde superposé au nôtre.
Peut-être que le chamanisme celtique commence là
- marcher dans la forêt
- s’asseoir près d’une pierre
- écouter une source
- observer les cycles de la lune
- honorer les saisons
- parler à ses ancêtres
- rêver
- écouter les lieux
- sentir la terre sous ses pieds
Peut-être qu’il commence quand on cesse de chercher une tradition lointaine et qu’on commence à entrer en relation avec la terre sous nos pieds.
Conclusion — La terre sous nos pieds
Peut-être que le chamanisme commence simplement là :
Quand on s’assoit.
Quand on écoute.
Quand on respire.
Quand on recommence à parler à la Terre.
Si vous ressentez l’appel de ce chemin, Terre du Sud est un lieu pour cela. Un lieu pour ralentir, pour écouter, pour voyager, pour vous retrouver.
La porte est ouverte.
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La question du chamanisme celtique fait aujourd’hui l’objet de réflexions en anthropologie et en histoire des religions. Certains chercheurs parlent plutôt de reconstruction moderne, à la croisée du druidisme, de la psychologie et de la quête spirituelle contemporaine.
Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez lire cet article universitaire qui explore les liens entre néo-chamanisme et néo-druidisme contemporains.
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